Une nouvelle carte de production et de distribution du lait

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La crise du lait persiste

La nouvelle carte de production et de distribution du lait sera prochainement adoptée pour assurer « un approvisionnement régulier » à travers le pays et remédier aux perturbations enregistrées dans la distribution de ce produit vital, a fait savoir le directeur de l’organisation des marchés et des activités commerciales au ministère du Commerce et de la Promotion des exportations, Ahmed Mokrani.

« Un rapport détaillé a été soumis aux pouvoirs publics, incluant les propositions du ministère pour garantir un approvisionnement équilibré des wilayas en lait subventionné, selon la densité de la population, tout en élargissant les opérations de distribution aux grandes surfaces commerciales », a déclaré M. Mokrani à l’APS.

Pour ce qui est de l’approvisionnement en lait subventionné durant le mois de ramadhan, le responsable a fait savoir que 1.500 tonnes de poudre de lait subventionné ont été distribuées, durant la première semaine du mois sacré, aux laiteries du groupe public Giplait, sur un total de 5.000 tonnes supplémentaires destinées à renforcer le marché en ce mois.

Cette quantité vient s’ajouter aux quantités habituelles qui s’élèvent à 14.599 tonnes de lait/mois au profit de 120 laiteries conventionnées avec l’Office national interprofessionnel du lait (ONIL).

De son côté, le représentant de la direction du commerce d’Alger, Layachi Dehar a indiqué à l’APS que la capitale comptait 24 points relevant du Groupe Colaital (filiale Giplait) pour la vente du lait en sachet subventionné, dans les différentes communes de Douera, Birtouta, Mahelma, Dely Ibrahim, Saoula, Bourouba, El Harrach, El Madania, Chéraga et Bouzaréah.

Ces points assurent la vente quotidienne et « régulière » du lait pendant le ramadhan, souligne M. Dehar qui a affirmé que la répartition de ces points se fait selon la densité de la population.

Le même responsable a précisé qu’outre ces points, des camions assureront la vente du lait en sachet au niveau de certains marchés et des nouvelles cités dépourvues de points de vente et de détaillants, et ce pour permettre aux citoyens de se procurer directement ce produit vital.

Il a également souligné que les opérations de distribution souffraient de certaines pratiques négatives telles que le détournement du lait subventionné à des fins commerciales, citant la saisie récemment de plus de 950 litres de lait subventionné qui étaient destinées à la production du petit lait.

Des poursuites judiciaires ont été lancées à l’encontre du commerçant concerné et du distributeur qui lui a illégalement fourni cette quantité, a-t-il souligné.

Le responsable a fait savoir que la direction du commerce a élaboré une feuille de route pour suivre la traçabilité du lait en sachet de l’usine au consommateur, à travers la mobilisation d’équipes de contrôle spécialisées.

Grande affluence des familles sur les points de vente publics du lait

Plusieurs citoyens ont affirmé à l’APS que le lait en sachet n’était plus distribué au niveau de leurs quartiers depuis déjà quelque temps, voilà pourquoi ils sont contraints d’aller vers les points de vente publics.

Mère de quatre enfants, Fouzia (El-Biar) a déclaré qu’elle se rendait tous les trois jours à Birkhadem pour s’approvisionner en lait depuis que les magasins de son quartier « ne sont plus livrés ».

Les distributeurs refusent de livrer le lait subventionné aux commerces qui n’achètent pas le lait de vache, alors que la vente subordonnée est une pratique illégale, ont rappelé plusieurs commerçants.

Salah, détaillant aux Sources (Bir Mourad Raïs), a indiqué que le distributeur lui a exigé d’acheter également des sachets de lait de vache pour pouvoir disposer de son quota de lait subventionné en sachet. Ayant refusé cette pratique, il n’est plus approvisionné en lait depuis six mois, a-t-il dit.

Certains vendeurs ayant accepté la vente concomitante imposent à leur tour cette pratique à leurs clients.

Selon Sarah, mère de famille habitant à Ain Naâdja, le lait subventionné en sachet est disponible dans son quartier, mais le vendeur l’oblige à acheter un sachet de lait de vache (à 70 DA) pour accepter de lui vendre cinq sachets de lait subventionné.

Mourad, commerçant à Hussein Dey, a, quant à lui, précisé qu’il avait renoncé, depuis un moment déjà, à la vente de lait subventionné en sachet en raison de sa « faible marge bénéficiaire », sans parler, a-t-il dit, des « pertes financières engendrées par les sachets déchirés que les distributeurs refusent de rembourser » et de « la pression » que les distributeurs exercent sur les détaillants pour leur refourguer du lait de vache.

Afin d’éviter ce problème de vente concomitante, certains commerçants vont directement au point de vente de Colaital à Birkhadem pour s’approvisionner en lait en sachet qu’ils revendent dans leurs commerces en augmentant le prix du sachet de lait de 25 DA (prix réglementé) à 30 DA.