Déchets ménagers : plus de 20 millions de Tonnes en 2035

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20 millions de tonnes de déchets en 2035 en Algérie

Selon une étude réalisée par le ministère de l’Environnement, la quantité des déchets ménagers et assimilés (DMA) en Algérie, estimée à 13 millions de tonnes en 2018. Elle devra dépasser les 20 millions de tonnes en 2035.

« Cette augmentation est due à une conjugaison de la croissance de la population, qui atteindra 50 millions d’habitants en 2035 d’une part, et du développement du potentiel économique, d’autre part », selon la même étude. Tout en relatant le rapport sur la stratégie nationale à l’horizon 2035 (SNGID 2035), l’étude a démontré que la production des DMA passera de 0,8 Kg/hab/jour en 2016 à plus de 1,23 kg /hab/jour en 2035.  » Le taux de valorisation en recyclage et compostage reste à un niveau bas, ne dépassant pas 10 % (2018) pour les DMA. Si cette situation reste inchangée, elle entrainera inévitablement une augmentation substantielle des déchets destinés à l’enfouissement, explique la même source. Vue cette situation, il faudrait trouver d’autres sites plus adéquats et d’autres sources de financement, ce qui ne sera pas du tout facile, ont estimé les experts qui ont effectué cette étude. Selon ces experts les réformes structurelles proposées dans le cadre de la nouvelle stratégie nationale ont pour objectif, d’évoluer vers une gestion intégrée et durable des déchets à l’horizon 2035.

« Celle-ci doit permettre aux pouvoirs publics, d’assurer la transition vers une économie circulaire, génératrices de richesse et pourvoyeuses d’emplois et ouvre la voie vers une économie verte, qui constitue un lien durable entre l’environnement et l’économie », ont-ils expliqué. Parmi les objectifs stratégiques de la SNGID 2035, figure la limitation de la génération des DMA à 1,1 Kg/hab/jour, la prévention des déchets des autres flux et l’encouragement du tri sélectif et du tri à la source de manière à recycler ou composter 30% des DMA, 30 % des déchets spéciaux (dangereux) et 50 % des déchets inertes.  » Accroître le rôle du secteur privé fait aussi partie de ces objectifs, dans le but de mener des réformes économiques afin d’inciter le secteur privé à créer 40.000 emplois directement et indirectement liés à la gestion des déchets », souligne la même source. Concernant la valeur ajoutée que pourra assurer ce créneau, une étude réalisée par l’Agence nationale des déchets (AND) estime que la valeur marchande potentielle du gisement des déchets recyclable pourrait atteindre plus 90 milliards de DA par an.

Selon cette étude, la récupération et la valorisation des déchets ménagers et assimilés seraient à même de créer de l’emploi en matière de valorisation des déchets notamment plastiques dont les bouteilles des boissons gazeuses et des eaux minérales. Les déchets ménagers issus des bouteilles des boissons gazeuses et des eaux minérales représentent 4% des déchets ménagers, soit 470.000 tonnes/an, et la valorisation de ce type de plastique pourrait créer 7.600 postes d’emploi directs/an, selon l’AND. Le nombre des structures de récupération et de recyclage des déchets non dangereux (DND) s’élevait à 444 structures en 2019, tandis que le nombre d’opérateurs dans ce domaine était estimé à 4080 durant la même année, selon la même étude.