Tizi-Ouzou: Inauguration d’une statue à l’effigie du Colonel Mohand Oulhadj

140
Le colonel Mohand Oulhadj

Une statue à l’effigie du Colonel Mohand Oulhadj, de son vrai nom Akli Mokrane, dernier chef de la wilaya III historique, a été inaugurée dimanche dans la ville de Bouzeguène, à l’est de Tizi-Ouzou, a-t-on constaté.

La cérémonie d’inauguration de cette statue qui trône à la placette du centre-ville, s’est déroulée en présence du Médiateur de la République, Karim Younes, des autorités locales et militaires, de la famille révolutionnaire et d’un représentant du ministère des Moudjahidine et des Ayant droits. Ce dernier a considéré dans une déclaration à la presse que le Colonel Mohand Oulhadj est « un homme qui a laissé une empreinte indélébile dans l’Histoire de la Guerre de libération nationale et de l’Algérie ». Des compagnons du défunt moudjahid ont témoigné de « son engagement, sa témérité, sa sagesse et de ses qualités en tant que meneur d’hommes ». Des qualités qui lui ont valu le surnom d' »Amghar » (Le vieux). « Il était surnommé ainsi, non pas pour son âge, mais plutôt pour sa sagesse », notera, à ce propos, Belhadj Ouamar, du bureau local de l’Organisation nationale des moudjahidine (ONM). Son fils, Mohand Saïd, officier de l’ALN, a évoqué « les sacrifices » et « les conseils » de son père pendant et après la Guerre de libération ainsi que sa contribution à la création de centres d’accueil au profit des enfants de chouhada. Mohand Ouremdhane Haichour, compagnon du moudjahid, a évoqué pour sa part, sa rencontre et son compagnonnage avec le Colonel Mohand Oulhadj qui était, a-t-il dit, « un homme rassembleur, tolérant dans son jugement, mais profondément engagé dans son combat ».

Il rappellera, à l’occasion, « son éveil et son intelligence qui ont permis de sauver beaucoup de vies durant l’opération Bleuite » menée par l’armée d’occupation française dans la région. Mouloud Iboud qui, au nom de la jeunesse sportive de Kabylie (JSK), a remis à la famille du moudjahid un maillot du club portant son nom, a rappelé son « concours important et inestimable » dans la création du club en 1946. « C’est grâce au précieux concours de ce grand homme que la JSK a vu le jour », dira-t-il, indiquant que le Colonel Mohand Oulhadj a été « le premier bailleur de fond du club, par son propre argent et aussi en organisant des collectes ». La JSK, a-t-il ajouté, « sera toujours reconnaissante à cet homme qui a aidé à sa création et qui a été son président d’honneur à l’indépendance », dira-il. Réalisée par un artiste-sculpteur de la région, la statue en bronze, a été financée, sur différents programmes, par l’Assemblée populaire communale (APC), d’un montant global de 23 millions DA.

Né le 7 mars 1911 à Bouzeguène (Tizi Ouzou), le colonel Akli Mohand Oulhadj s’engagea dès le début de 1955 dans le combat libérateur, accompagné de ses trois enfants, et fait don à la Révolution de l’ensemble de ses biens. L’engagement sans réserve de cet homme, sa personnalité et ses qualités, lui permirent de gravir rapidement les différents échelons de la hiérarchie au sein de l’ALN. Il a été élevé au grade de commandant, puis adjoint politique du colonel Amirouche dès 1957, auquel il succéda, en 1959, à la tête du commandement de la wilaya III historique. Ce brave fils de l’Algérie est décédé le 2 décembre 1972, à l’âge de 61 ans, et fut enterré, selon sa dernière volonté, à côté des siens dans son village natal à Bouzeguène.