Maroc: report à juin de l’examen du dossier des détenus rifains

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Nacer Zefzafi, leader du soulèvement rifain

L’examen du jugement rendu contre le chef de file du mouvement « Hirak du Rif » (Maroc), Nasser Zefzafi et ses codétenus, a été reporté au mois de juin prochain, ont rapporté ce mercredi des médias locaux.

Pour la quatrième fois la Cour de cassation a reporté l’examen du dossier du chef de file du mouvement « Hirak Al-Rif », Nasser Zefzafi et ses codétenus, dont Nabil Ahemjeeq, selon des médias marocains. Le père du leader du mouvement Rif, Ahmed Zafzafi, a révélé que la Cour de cassation avait reporté la séance de mercredi, pour la quatrième fois consécutive, pour examiner le verdict, fixant le 9 juin 2021, comme date de la prochaine session. Ahmed Zafzafi a indiqué que le report cette fois vient pour que la Cour de cassation reçoive certains des documents requis. En avril 2019, la justice marocaine a confirmé le jugement initial de 20 ans d’emprisonnement contre Nasser Zefzafi et trois autres meneurs de la contestation qui a agité en 2016 et 2017 la région marocaine du Rif. Les autres peines vont de 1 à 15 ans de réclusion.

Cette protestation a été déclenchée par la mort en 2016 d’un vendeur de poisson, Mohsen Fikry, broyé dans une benne à ordures en tentant de s’opposer à la saisie de sa marchandise. Des centaines de militants ont été arrêtés durant ces évènements, selon les estimations des organisations de défense des droits de l’Homme. Certains d’entre eux ont été libérés après l’expiration de leur peine. L’association des familles de prisonniers du « Hirak du Rif » estime à 23 le nombre de militants toujours détenus, dont Nasser Zefzafi. Nasser Zefzafi a mené une série de grèves de la faim depuis son arrestation en mai 2017 pour contester son arrestation et améliorer ses conditions de sa détention. Avec huit autres détenus du mouvement, ils ont observé en janvier dernier une grève de la faim de 48 heures pour dénoncer la politique de la mainmise sécuritaire au Maroc face à la liberté de la presse et d’expression, et au droit de manifester pacifiquement.