Entretien/Hakim Alileche : « L’huile Dahbia s’est honorablement imposée »

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M. Hakim Alileche mise sur le travail et l'espoir pour relacer l'économie
M. Hakim Alileche mise sur le travail et l'espoir pour relacer l'économie

Dans cet entretien, M. Alileche évoque la médaille Apulée-2020, revenue cette année à l’huile Dahbia, son investissement et son aventure dans le domaine de l’oléiculture, son ambition d’aller vers des marchés à l’international, mais aussi sur son projet dans le domaine de la transformation et de la valorisation des produits agricoles. Convaincu que les opérateurs peuvent relever le défi pour bien huiler et relancer la machine économique, M. Alileche, fidèle à sa philosophie, mise sur deux piliers du succès : l’espoir et le travail. Suivons-le…

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR : WASSIM LOUNES

Newsalgerie.com : L’huile d’olive Dahbia a décroché la médaille d’argent Apulée-2020. Comment en êtes-vous arrivés à ce trophée ?

Hakim Alileche : Notre huile d’olive Dahbia vierge extra a effectivement décroché une distinction meilleure Hove dans la catégorie fruité vert intense, avec un taux d’acidité 4 fois moins que la norme tolérée par la réglementation du conseil oléicole international et aussi un indice de peroxyde qui est 5 fois moins que la norme autorisée.

Ce qui nous donne de l’assurance et de la crédibilité à nous-même d’abord, ensuite aux consommateurs en général.

L’idée de participer à ce concours m’est venue en tête suite à un nombre important de félicitations de nos clients par rapport à notre produit.

D’ailleurs, cette médaille je la dédie humblement à l’ensemble de nos clients qui méritent une huile d’olive de haute qualité.

Vous avez consenti un lourd investissement dans l’oléiculture dans la wilaya de Djelfa. Pourriez-vous nous raconter votre aventure dans un domaine qui n’était pas justement le vôtre ?

Dans entrepreneuriat, il faut tout d’abord bien se concentrer et avoir la tête sur les épaules, ensuite il faut aimer ce qu’on souhaiterai entreprendre.

Après, il faut vraiment s’y mettre sérieusement. Ça m’arrive de travailler 30 heures pour me reposer juste 6 heures et rebelote. Ça n’a pas été facile. Je m’occupe presque de tout depuis le départ et je suis très proche de mon affaire que je chérie tant.

Quant à l’investissement, ce n’est pas évident de s’aventurer dans un créneau nouveau. Mais, il est important de rappeler que lorsqu’on a confiance en soi-même, on n’y arrive. Aussi, il faut toujours entretenir son investissement, notamment dans le domaine de l’agriculture où nous n’avons pas le droit à l’erreur. La moindre erreur peut être fatale.

Aujourd’hui, l’huile Dahbia s’est imposée sur le marché local et vous ambitionnez de l’exporter vers l’étranger. Avez-vous été démarchés par des opérateurs étrangers ?

Effectivement, notre huile Dahbia s’est honorablement et humblement imposée sur le marché local. Mais il est important de valoriser notre produit et de le placer à l’international. C’est notre ambition actuellement.

Mon intérêt est de placer mon produit sur le marché international de luxe, car nous utilisons des techniques de dernière génération dans la trituration des olives, sachant que la quasi-totalité de notre verger est tenu en culture biologique depuis sa création. Ce qui nous donne de l’assurance et l’audace d’y aller.

Notre huile d’olive est triturée le jour même de la cueillette des olives et en véritable extraction à froid, ce qui garanti au consommateur une huile d’olive haut de gamme. Sans aucune prétention, nous avons une huile d’olive vierge extra premium qui n’a rien à envier aux huiles produites chez les pays producteurs de renoms.

Vous comptez participer à d’autres concours à l’international pour vendre le Label algérien. Peut-on en savoir un peu plus ?

Absolument ! Nous comptons participer cette année au moins à 2 concours internationaux pour hisser le produit algérien, mais aussi pour que notre produit reprenne sa place honorable dans le monde oléicole et le business oléicole qui lui sied.

Vous êtes sur le point d’investir le créneau de la Transformation des produits agricoles avec la mise en valeur des fruits et légumes. Où en êtes-vous dans ce projet et en quoi consiste-t-il ?

J’ai entrepris un projet qui me tient tant à cœur. C’est celui de la transformation et de la valorisation des produits agricoles, en général, et des fruits et légumes en particulier.

J’ai acquis une  assiste foncière industrielle dans la zone d’activité à Ain Ouessara. Les travaux de réalisation des infrastructures sont à 50 % pratiquement.

Mon projet est à la fois industriel et agricole. Nous avons tous vu les prix des produits de grande consommation qui flambent à une période donnée de l’année et qui se stabilisent durant d’autres périodes. Nous avons tous remarqué l’absence ou le manque de certains produits de grande consommation d’une période à l’autre.

Du coup, notre unité pourrait répondre aux besoins du marché, du moins dans la région où nous pourrions parer à ce dérèglement par la transformation, le stockage, le triage, le calibrage.

Tout cela vise à encourager les agriculteurs à produire plus et mieux, mais aussi à  mettre en valeur le produit agricole algérien afin qu’il puisse être exportable.

Nous avons prévu plusieurs lignes de transformation d’emballage, d’étiquetage, de palettissage ainsi qu’une unité de production de plateaux ou caisse de fruits et légumes en carton ondulé pour le marché local et international.

Cette unité de caisses en carton sera également dédiée aux agriculteurs de la région pour emballer et mettre en valeur leur production.

Le créneau de la Transformation constitue pour vous la prochaine étape pour l’exportation et, en même temps, vous comptez élargir la production de l’huile d’olive en misant sur un cap de 500 000 oliviers dans la wilaya de Djelfa. Pourriez-vous nous en dire plus ?

Cette même unité de tri et de transformation de fruits et légumes servira aussi de plateforme de préparation et de normalisation, non seulement pour les produits que nous transformons, mais aussi aux produits frais de la région à l’exportation.

Nous proposons également dans ce projet la sous-traitance de nos services aux agriculteurs. Du reste, nous ambitionnons d’aller plus loin pour que nos vergers accueillent plus de plants.

Un dernier mot ?

Mon dernier mot est mon espoir de voir mon pays progresser sans cesse. Il faut se mettre au travail sans plus tarder pour relever notre économie, car nous pouvons le faire.

H.L